Atelier Première Vision : Matières à parer – 6 mars 2019

Atelier Première Vision : Matières à parer – 6 mars 2019

Pour le premier atelier de l’année, nous avons été reçus dans les locaux de l’ESSCA à Bordeaux. Une dizaine de professionnels de notre association se sont prêtés à l’exercice : Brigitte de Faultrier, Thomas Mauger, Brigitte Gavois, Alexandra R’mili, Philippe Bourhis, Camille de Amorin Bonneau, Florence Delouche, Karine Barragne-Bigot et Eugénie Régnier.

Nous avons rencontré Albane, la fondatrice de Matières à parer, une marque de maroquinerie artisanale dont les produits sont fabriqués à Paris, pour l’aider dans la construction de son projet : s’assurer de la cohérence de sa marque, réussir son lancement et lui donner des conseils pour son développement futur.

Matières à parer a été lancée en novembre 2018 après 1 an de réflexion et d’accompagnement par la Chambre de des métiers, une agence créative et un designer maroquinier.

L’atelier s’est déroulé comme un focus groupe. Nous avons tout d’abord évoqué les perceptions et appréciations du secteur de la maroquinerie et de l’artisanat. Puis nous avons cité nos perceptions autour du logo et des graphismes des produits. L’ensemble nous a paru cohérent, un travail qualitatif et technique sur les matières comme le cuir, simple et authentique, dans la sobriété.

Le positionnement est perçu comme moyenne gamme sans être luxe, visant une cible mixte de 30 ans et plus. 

Les conseils et idées évoqués s’articulent autour de la définition de la cible, comprendre les centres d’intérêts des amateurs d’artisanat. Démarcher pour trouver des prescripteurs qui pourraient permettre à la marque de décoller grâce à des ambassadeurs qui revendiquent le côté engagé/militant de la réutilisation des matières.

Pour se démarquer de ses concurrents, Matières à parer à tout intérêt à miser sur ses éléments différenciant, à savoir le sourcing du cuir (récupéré des stocks dormants des tanneries françaises), et mettre en avant les finitions de ses produits, leur design pour toucher le client amateur de beaux objets. Et pour ses produits qui mixent le cuir avec du tissu, ils sont récupérés et sélectionnés pour leur faible empreinte écologique. Ces derniers ont moins remporté l’adhésion notamment compte-tenu du prix et du fait que l’on s’éloignait des matières dites « nobles ».

En termes de positionnement prix, une analyse financière serait à mettre en place pour connaitre précisément le prix de revient de chaque produit afin de mieux piloter la stratégie de développement commercial.

La piste d’une campagne de crowdfunding envisagée pour le lancement de son premier sac à main en cuir nous parait judicieuse pour gagner en visibilité et maîtriser le nombre de commandes générées. Communiquer sur le côté exclusif en prévente peut être un argument fort pour renforcer son positionnement premium, donner un effet de rareté et présenter l’intégralité de la gamme à travers les paliers de la campagne.

Pour le moment, la distribution est monocanale via un site e-commerce passant par la plateforme Etsy. Nous conseillons d’aller à la rencontre des clients pour connaitre leur perception des produits et probablement faciliter les ventes grâce au ressenti et au toucher des matières. Par exemple en démarchant des magasins d’artisanat où les vendeurs pourront être les porte-parole de l’histoire de la marque, ou encore sur des marchés haut de gamme…

Une autre stratégie de développement pourrait également être celle de l’export. En identifiant les pays friands de produits français de qualité et au pouvoir d’achat élevé, Matières à parer pourrait se développer à l’étranger par l’intermédiaire d’un agent.

Nous lui souhaitons une pleine réussite dans ses projets et suivront de près son évolution !