Portrait Luc-Olivier Lafeuille

Portrait Luc-Olivier Lafeuille

Portrait de Luc-Olivier LAFEUILLE

Nouveau membre !

Directeur général et co-créateur de la société ASITY (Design global et design produit) située à Bordeaux et à Paris.

Après des études en architecture, Luc-Olivier fait le choix d’une autre voie, celle de découvrir les technologies de l’information (IT). C’est le début de l’ère de la transition numérique des entreprises et de leurs marchés.

À 25 ans, il souhaite proposer de façon indépendante des prestations de design en créant son premier studio de création, puis un deuxième nommé « Capsule » avec laquelle il gagnera des concours. Son credo ? Faciliter l’usage de produits physiques comme l’électroménager, d’espaces collectifs d’entreprise, de la documentation des entreprises, des services ou des applications et, plus tard, des « choses » sur plateformes web ou mobiles.

Sa force ? Il pense avant tout à l’utilisateur, mais vraiment. Pour preuve, il interroge des 100aines de personnes avant de proposer des solutions de design qu’il challenge auprès d’autant d’autres utilisateurs potentiels.

Après le design de produit et le design global, d’énormes chantiers de transition numérique comme celui de l’Opéra Royal de Belgique, il se lance dans l’accompagnement des startups et créé ASITY en 2003.

Son nouveau crédo avec ASITY ? Les produits hybrides qui mèlent Matériel, Logiciel embarqué, Application et Plateforme de service !

Luc-Olivier, pourquoi as-tu intégré 2AM et que cela apporte-t-il à ton entreprise ?

J’ai envie d’élargir mes rencontres professionnelles, échanger et débattre avec d’autres corps de métier liés au mien sur autant d’aspects que : l’approche produit, l’expérience utilisateur et l’expérience client, les méthodes de conception, les clés du succès d’un produit, les méthodes de développement itératif, les startups ou l’approche startup interne, le rapport Business Model / Business Plan, le financement… 2AM, par la richesse de ses profils d’adhérents, est l’association idéale pour que ces échanges aient lieu.

Comment vois-tu le marketing de demain ?

Je rêve de quelque chose qui pour le moment n’est possible qu’à grand renfort d’énergie.

La conception d’un produit et, plus généralement, de l’équilibre de son Mix (les fameux 4P) nécessitent d’impliquer l’utilisateur/consommateur pour répondre efficacement aux attentes / nécessités. Mais si nous avons toujours été à l’interrogation/écoute de l’utilisateur/consommateur, il est difficile de ne pas influencer et c’est sans même parler des questionnements très orientés qui sont maladroitement pratiqués comme les QCM (Questionnaires à choix multiples), les interviews ouverts mal administrés ou les focus groupe… Nous savons que l’expression de la pensée, sa verbalisation, est le résultat d’une traduction de la réponse émotionnelle qui intervient au contact avec ce avec quoi nous sommes en contact. Or cette « émotion » (positive ou négative) doit pouvoir être captée si l’on veut vraiment observer les acceptations, les satisfactions, les plaisirs et les frictions dans la relation au produit. Les mots sont très insuffisants et pratiquement toujours biaisés du fait de la relation sociale.

Le marketing de demain, sans doute très “IA », aurait la capacité de comprendre l’utilisateur/consommateur en regardant / écoutant ses réactions émotionnelles sans qu’il ait besoin de verbaliser, peut-être même sans qu’il se sente observer… Et là, bien sûr, il y a débat.

As-tu déjà pu expérimenter le marketing de tes rêves ?

Je m’en approche globalement plutôt dans la majorité de mes projets ! Mais comme je le disais plus tôt “à grand renfort d’énergie”.

Le dernier en date, un projet de plateforme digitale à destination des agriculteurs ou comment les aider à gérer une exploitation agricole. La plateforme existante était assez complète mais peu ergonomique. Elle était très centrée technique agricole et très « comptable »… Un ERP.

Pourquoi le nombre d’utilisateurs stagnait et surtout pourquoi n’étaient-ils pas vraiment actifs ? La réponse ne pouvait venir que des agriculteurs/utilisateurs potentiels eux-mêmes.

Nous en avons interrogés et observés plusieurs centaines dans l’ensemble des grandes branches agricoles. Il s’est avéré que la plateforme n’apportait pas ce dont les agriculteurs avait réellement besoin. Leur métier, ils savaient le faire, ce n’était pas une question de technique. La comptabilité ? Trop détaillée et pas assez anticipative. C’est de la gestion prévisionnelle, de l’aide à la « navigation » financière dont ils avaient le plus besoin ! Et ça, la plateforme ne le proposait pas. Nous avons pu orienté la nouvelle conception dans ce sens.

Citation

« L’utilisateur au cœur du développement produit, beaucoup le pensent, peu le font vraiment ! »